Dénombrement des nématodes : un bon échantillonnage et une manipulation appropriée sont la clé du succès! (1re partie)

Janice LeBoeuf, spécialiste de la culture des légumes

Le printemps est le bon moment pour prélever des échantillons dans les champs servant aux cultures horticoles afin de vérifier la présence de nématodes phytoparasites. Il y a moins de nématodes au printemps qu’à l’automne, mais les seuils actuels de nuisibilité des nématodes sont basés sur l’échantillonnage effectué au printemps.

Si vous avez déjà prélevé des échantillons pour détecter la présence de nématodes dans le sol, vous avez probablement lu (espérons-le!) les lignes directrices concernant le prélèvement d’échantillons et leur manipulation. Mais qu’arrive-t‑il si les choses ne se passent pas comme prévu et que les échantillons ne sont pas réfrigérés tout de suite ou que la personne à qui vous avez demandé de faire le prélèvement n’a pas suivi vos instructions à la lettre? Les échantillons sont‑ils quand même fiables? Quelles sont les actions sans conséquence et celles qui donneront des résultats complètement erronés? Lorsque vous vous donnez la peine de prélever des échantillons et que vous êtes sur le point de payer un laboratoire pour qu’il effectue le dénombrement des nématodes, vous devez connaître la réponse à cette question.

Il y a quelques années, les spécialistes du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO) ont mis à l’essai des scénarios afin de déterminer les façons dont les échantillons de nématodes peuvent produire des résultats erronés et les répercussions possibles.

On a choisi quatre sites qui faisaient partie d’une culture en rotation comprenant des tomates de transformation et qu’on savait infestés de nématodes phytoparasites. Les pratiques d’échantillonnage et de manipulation recommandées étaient fondées sur la fiche technique no 06‑100 du MAAARO, intitulée Échantillonnage du sol et des racines visant le dénombrement des nématodes phytoparasites, et sur les discussions avec du personnel de laboratoire chevronné. Les protocoles recommandés ont été respectés, à l’exception des différences indiquées.

 

Points saillants du protocole recommandé pour prélever des échantillons dans le sol afin de déceler la présence de nématodes :
  • Prélever les échantillons à environ 20 cm (8 po) de profondeur et éliminer les 2,5 cm à 5 cm (1 po à 2 po) du dessus du sol.
  • Pour les cultures en rangs, prélever des échantillons dans le rang de sorte qu’ils renferment des poils absorbants.
  • Prélever 10 à 20 carottes de sol par acre. Chaque échantillon devrait représenter idéalement au plus 6 acres environ.
  • Bien mélanger les carottes de sol, mais avec délicatesse.
  • Placer les échantillons de sol dans une glacière contenant de la glace. Les garder au frais (sans les geler) jusqu’à la livraison. Les échantillons ne doivent pas être soumis à des changements brusques de température.
  • Livrer les échantillons au laboratoire dès que possible, dans un délai d’au plus 3 à 4 jours.

Échantillonnage

La première partie du présent article porte sur les répercussions de l’échantillonnage. Se reporter à la deuxième partie pour savoir ce qui arrive lorsque les échantillons ne sont pas manipulés correctement.

 

Conditions d’échantillonnage
  • Protocole recommandé. Placer les échantillons dans une glacière ou un réfrigérateur. Les livrer à un laboratoire au plus tard le lendemain.
  • Protocole recommandé, sauf que les échantillons doivent être prélevés à une profondeur entre 0 cm et 15 cm (0 po à 6 po) au lieu de 5 cm à 20 cm (2 po à 8 po). Les livrer à un laboratoire au plus tard le lendemain.
  • Protocole recommandé, sauf qu’il ne faut pas défaire les carottes de sol ni les mélanger avant d’apporter les sous-échantillons à un laboratoire. Les livrer à un laboratoire au plus tard le lendemain.
  • Protocole recommandé, sauf que les échantillons doivent être prélevés dans une zone de 0,5 acre carrée au lieu de 6 acres. Les livrer à un laboratoire au plus tard le lendemain.

Résultats

Les résultats sont exprimés en pourcentages, et le nombre moyen (4 sites) par rapport au protocole recommandé correspond à 100 % et le nombre moyen (4 sites) pour chaque condition représente un pourcentage du nombre « idéal ».

 

Nématode des racines

Nématode à kystes Nématode spiralé

Nématode cécidogène

Recommandé

100 %

100 % 100 %

100 %

Mauvaise profondeur (0 cm à 15 cm)

58 %

14 % 113 %

180 %

Mauvais mélange

75 %

35 % 138 %

Échantillonnage en grille

125 %

128 %

100 %

 

Nous nous serions attendus à des nombres inférieurs pour les échantillons prélevés à une profondeur de 0 cm à 15 cm (0 po à 6 po) comparativement à entre 5 cm et 20 cm (2 po et 8 po), mais cela n’a pas été le cas pour toutes les espèces de ces échantillons. Au moment de l’échantillonnage, la couche supérieure de sol n’était pas très chaude ni sèche; par conséquent, on aurait pu y trouver des nématodes. Quoi qu’il en soit, les seuils établis de nuisibilité des nématodes sont fondés sur un échantillonnage effectué à 20 cm (8 po) de profondeur, une fois les 2,5 cm à 5 cm (1 po à 2 po) du dessus du sol enlevés. En outre, pour comparer les dénombrements de nématodes au fil du temps, il est important de toujours respecter les mêmes paramètres d’échantillonnage, c’est-à-dire mêmes profondeur, sites d’échantillonnage dans le champ, période de l’année et laboratoire. Bien entendu, les échantillons doivent toujours être correctement manipulés, comme on le verra dans la deuxième partie du présent article.

Comme on le sait, les populations de nématodes varient beaucoup dans un champ, même dans l’espace qui sépare deux plants. Étant donné que certaines carottes de sol peuvent être exemptes de nématodes et que d’autres peuvent en contenir des centaines, il est primordial de bien mélanger les carottes de sol avant d’envoyer les échantillons à un laboratoire. En fait, il paraît qu’on peut tuer les nématodes si on mélange les échantillons trop vigoureusement. Il est donc recommandé d’y aller délicatement (mais de bien mélanger). Je trouve étonnant que les nématodes soient aussi faciles à tuer une fois dans un seau. Dans le cadre des essais, un même échantillon a donné des résultats très différents selon qu’il a été bien mélangé ou non.

En dernier lieu, nous avons simulé un échantillonnage en grille (prélèvement d’échantillons dans une zone d’une demi-acre carrée) plutôt que de prélever des échantillons sur une superficie d’environ six acres, soit la superficie maximale recommandée pour un même échantillonnage. Les différences relevées semblent minimes, mais il s’agit des résultats obtenus après avoir établi la moyenne des quatre sites. Si on prend chaque site individuellement, on voit des différences comme ci-dessous (l’exemple porte sur les nématodes des racines).

 

Site A Site B Site C

Site D

Échantillonnage sur 0,5 acre

2 080

260 480

200

Échantillonnage sur 6 acres

280

260 1 800

80

Les dépenses liées à un échantillonnage en grille détaillé pour la détection des nématodes ne sont pas justifiées pour toutes les cultures. Il faut toutefois savoir qu’il peut y avoir de fortes populations regroupées de nématodes dans un champ qui risquent de ne pas être détectées si l’échantillonnage porte sur une grande superficie.

Projet de recherche

Le MAAARO collabore avec l’Université de Guelph à la réalisation d’un projet de recherche sur les nématodes qui s’attaquent à la tomate de plein champ débutant en 2015. Un volet du projet consiste à déterminer quels nématodes susceptibles de causer des dommages ayant une incidence économique sont présents dans les champs de tomates de l’Ontario et à examiner l’évolution des populations au fil du temps. Pour ce projet, nous avons besoin de producteurs coopérateurs des comtés d’Essex, de Kent et de Norfolk. Pour obtenir plus de détails, communiquez avec Janice LeBoeuf (spécialiste de la culture des légumes au MAAARO), au 519 674‑1699 ou au janice.leboeuf@ontario.ca, ou avec Cheryl Trueman (Université de Guelph, campus de Ridgetown), au 519 674‑1500, poste 63646, ou au ctrueman@uoguelph.ca.

Producteurs de tomates recherchés pour une étude sur les nématodes

On vient de lancer un nouveau projet de recherche qui vise à déterminer les nématodes phytoparasites qui sont présents dans les champs de tomates en frais et de tomates de transformation de l’Ontario. En même temps que l’étude, on mettra à jour les seuils de nuisibilité économique pour les tomates de plein champ et on compte même examiner les différences entre les cultivars de tomates cultivés en Ontario. En outre, on évaluera les méthodes qu’utilisent les laboratoires pour analyser les échantillons de sol afin de dénombrer les nématodes et on déterminera la méthode qui est la plus efficace pour les systèmes de culture des tomates en Ontario. Les prochaines phases du projet viseront à évaluer les pratiques de gestion en vue de réduire les dommages ayant une incidence économique qui sont attribuables aux nématodes phytoparasites les plus courants identifiés dans le cadre de l’étude. Celle-ci ne peut être réalisée sans la participation des producteurs de tomates.

QUI ET QUOI?

  • Les producteurs de tomates des comtés d’Essex, de Kent et de Norfolk
  • Les champs de tomates cultivés en 2015
  • En particulier les champs de tomates ayant eu un rendement inférieur au cours des années antérieures

QUAND?

L’échantillonnage sera effectué par les membres de l’équipe de recherche.

  • Pour les nématodes, des échantillons seront prélevés :
    • tout de suite avant ou juste après la transplantation;
    • en juillet;
    • de la fin d’août à la fin de septembre.
  • Des échantillons de sol seront également prélevés en vue de l’analyse des propriétés physiques (pH, texture, etc.) pendant la saison de croissance.

Un rapport présentant les résultats du dénombrement des nématodes et de l’analyse des propriétés physiques du sol sera envoyé à chaque producteur participant ainsi que les résultats propres à un champ (durant l’hiver).

AUTRES RENSEIGNEMENTS

  • Les producteurs participants doivent accepter de participer à une étude sur l’historique des champs et les pratiques de production.
  • Les résultats propres à un champ demeureront confidentiels.

PERSONNES-RESSOURCES

  • Janice LeBoeuf (spécialiste de la culture des légumes du MAAARO), 519 674‑1699, leboeuf@ontario.ca
  • Cheryl Trueman (Université de Guelph, campus de Ridgetown), 519 674‑1500, poste 63646, ctrueman@uoguelph.ca

Le projet est dirigé par Katerina Jordan, Ph. D., de l’Université de Guelph. Le financement est assuré par le partenariat de recherche MAAARO-Université de Guelph, Fresh Vegetable Growers of Ontario et l’Ontario Tomato Research Institute.

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