Stratégies de lutte contre la punaise marbrée

Hannah Fraser, chef de programme d’entomologie – horticulture/MAAARO

 

La punaise marbrée est un ravageur relativement nouveau, et nous approfondissons nos connaissances sur sa biologie et comment la contrôler. Les seuils et les programmes de lutte sont en cours d’élaboration aux États-Unis, dans les zones où la punaise marbrée est en grand nombre1. Le dépistage est toujours important, à la fois dans la culture et dans ​​les plantes hôtes du paysage environnant. Le nerprun, le Catalpa, le cerisier rouge, le chèvrefeuille, le lilas, l’érable négondo, le noyer noir et l’ailante sont des hôtes sauvages hâtifs qui favorisent le développement de la punaise marbrée, mais il y en a beaucoup d’autres (figure 1). Les femelles pondent souvent leurs œufs sur ces hôtes dans les zones non aménagées, permettant ainsi à leurs nombres de s’accumuler (sans être détectés). Le phénomène qui déclenche leur migration des hôtes sauvages aux cultures pendant la saison est encore à l’étude, mais il est fort probable qu’il s’agisse d’une question de densité de population, de taux d’humidité, de l’évolution de la qualité des ressources ou des besoins nutritionnels du ravageur. Portez une attention particulière aux parcelles où les cultures voisines sont déjà récoltées; les cultures plus tardives, comme les pommes et les raisins (après la véraison) sont à haut risque.

Les adultes et les nymphes de la punaise marbrée sont très mobiles (sans oublier de mentionner qu’ils excellent dans l’art du camouflage) et peuvent être difficiles à repérer dans le champ, tout particulièrement si la population est faible (figure 2). Même si le nombre de punaises marbrées observées lors du dépistage est faible, elles peuvent représenter des dommages économiques à mesure que leurs populations augmentent, notamment pendant les années très sèches. Assurez-vous de rechercher les signes de lésions laissés par la punaise, en particulier le long des bordures des cultures près de lots boisés, de haies, d’escarpements, etc. Les premiers signes de lésions dans les arbres fruitiers ressemblent à des taches d’eau ou de petites zones de saignement, qui forment une dépression ou un creux à mesure que le fruit se développe (déformation appelée « catfacing »). Dans les pommes, les dommages peuvent prendre 2-3 semaines avant d’être apparents. Dans le cas des tomates ou des poivrons, les lésions ressemblent à des taches décolorées (« halos »), avec des tissus spongieux de couleur pâle sous l’épiderme. Comme les punaises sont souvent présentes en grand nombre et qu’elles piquent à plusieurs endroits avec leurs pièces buccales, un seul fruit ou légume peut compter plusieurs points de dommage. Une punaise marbrée peut causer des dommages à de nombreux fruits et légumes au cours de son développement. Des photos et des descriptions additionnelles sont disponibles dans nos pages Web à http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/insects/bmsb-resources.html

 

Figure 1 : Nymphes de punaise marbrée sur un hôte de paysage

Figure 1 : Nymphes de punaise marbrée sur un hôte de paysage

Figure 2 : Punaise marbrée adulte cachée dans des feuilles

Figure 2 : Punaise marbrée adulte cachée dans des feuilles

Les pièges à phéromones sont recommandés comme outils de détection précoce, afin de déclencher le dépistage intensif dans les cultures et l’application d’insecticide en temps opportun. Les pièges à phéromones sont offerts en plusieurs modèles, mais la quasi-totalité d’entre eux ont une certaine forme pyramidale dans le but de diriger le mouvement des insectes et sont munis d’un récipient collecteur pour les piéger et de les retenir. Les pièges contiennent les ingrédients suivants :1) une phéromone pour la punaise marbrée, 2) un synergiste (décatriénoate de méthyle « MDT») pour améliorer la performance des pièges pendant la saison et 3) une plaquette d’insecticide pour tuer les insectes et éviter qu’ils ne s’échappent (figure 3). Il existe divers fournisseurs et types de leurres de phéromones; chacun a différentes caractéristiques de performance et de durée d’utilisation. Les pièges doivent être placés dans le champ à partir de mai jusqu’à la récolte.

 

Figure 3 : Piège à punaises marbrées

Figure 3 : Piège à punaises marbrées

Les prises d’adultes dans les pièges sont l’indication que la punaise marbrée est établie dans la région, mais cela ne signifie pas que des traitements insecticides sont toujours nécessaires. Les punaises marbrées adultes sont migratrices, donc le fait d’en trouver dans les pièges n’écarte pas la possibilité qu’elles soient simplement sur ​​leur chemin vers un quelconque « meilleur endroit ». En revanche, les nymphes sont des parasites résidents et, si elles sont présentes, elles vont continuer à se nourrir et causer des dommages pendant une longue période. La pression exercée par ces ravageurs est généralement plus élevée en bordure des champs. C’est pour cette raison que les pièges sont généralement placés entre les délimitations des cultures et les plantes ligneuses hôtes présentes dans le paysage OU dans les limites de la culture. Comme l’efficacité des pièges n’est pas assez bonne pour capturer toutes les punaises marbrées qu’ils attirent dans la région, l’observation visuelle de la végétation autour des pièges est également utile dans le dépistage. Si l’on trouve des adultes ou des nymphes dans les pièges à l’extérieur de la culture, alors une surveillance intensive est requise. Si l’on trouve des nymphes dans des pièges placés dans les limites de la culture, les pulvérisations sont déclenchées. Dans le cas d’arbres fruitiers, la présence d’adultes ou de nymphes dans la culture elle-même suffit à déclencher les traitements insecticides. Pour ce qui est du maïs sucré, les pulvérisations d’insecticide doivent être initiées au stade de la panicule s’il y a présence de punaises marbrées (adultes ou nymphes) et répétées au besoin jusqu’à la récolte (voir www.stopBMSB.org) (en anglais seulement). Nous ne disposons pas encore de recommandations détaillées pour toutes les cultures horticoles.

Les pulvérisations en bordure des champs sont parfois suffisantes pour limiter les dégâts, sauf si le ravageur ne soit déjà établi dans la culture (gardez à l’esprit de la punaise marbrée peut être difficile à repérer – voir ci-dessus)2. Le seuil de tolérance des dommages est très bas dans les cultures d’arbres fruitiers. Commencez à combattre le ravageur en pulvérisant les bordures du champ dès que vous trouvez le premier adulte (dans la culture), ou en pulvérisant le verger complet si vous trouvez la première nymphe avant le 1er août. La majorité des dommages de fin de saison semble survenir dans les 30 premiers mètres des bordures boisées.

Gardez à l’esprit que les pulvérisations vont seulement détruire les punaises marbrées qui sont présentes au moment du traitement, ou peu après, et que les nymphes sont plus faciles à tuer que les adultes. L’activité résiduelle est généralement limitée. De nouvelles vagues d’adultes peuvent migrer dans les cultures des zones adjacentes pendant la saison. Vous devez constamment surveiller vos cultures. La lutte contre la punaise marbrée nécessite votre attention tout au long de la saison.

Malheureusement, plusieurs des produits offerts pour lutter contre d’autres ravageurs des cultures ne sont pas efficaces contre de la punaise marbrée, ce qui exige un changement dans les programmes de lutte intégrée. Pour une liste des produits homologués pour usage au Canada, allez à : http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/insects/bmsb-registrations.htm

1Données fournies par les Drs Greg et Krawczyk, Department of Entomology, Fruit Research and Extension Center, Université de l’état de Pennsylvanie, Peter J. Jentsch, Department of Entomology, Hudson Valley Laboratory, Université Cornell et Dre Anne Nielsen, Université Rutgers

2 Les traitements hebdomadaires appliqués en bordure le long du périmètre d’une parcelle de pêchers (pas sur les arbres environnants) et sur la première rangée au complet ont été utilisés avec succès dans le New Jersey et ont donné lieu à une diminution importante de la quantité d’insecticide utilisée tout en gardant les dommages identiques à ceux d’une parcelle qui aurait été traitée au complet. Les recherches pour évaluer cette tactique dans les pommiers sont encore à l’étude (Anne Nielsen, Université Rutgers).

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