Une novelle maladie du céleri : l’anthracnose (enroulement de la feuille)

Michael Celetti, phytopathologiste, chef du programme de pathologie — horticulture

L’anthracnose est une maladie grave du céleri, causée par le champignon Colletotrichum acutatum, qui a été observée pour la première fois en 2012 à différents endroits en Ontario. En Australie, la maladie a entraîné des pertes importantes dans les récoltes durant les années 1990. La maladie a récemment été observée pour la première fois en 2010 et en 2011 dans des champs de céleri au Michigan et en Pennsylvanie. Les plants de céleri infectés ne sont pas commercialisables en raison des feuilles déformées et des lésions qui apparaissent sur les tiges (pétioles). La découverte récente de l’anthracnose du céleri suggère que cette maladie pourrait avoir des conséquences négatives sérieuses sur la production de céleri en Ontario. Le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation et le Ministère des Affaires rurales de l’Ontario, de concert avec l’université de Guelph, ont pour intention de brosser un portrait de l’anthracnose dans les champs de céleri en 2012.

Figure 1. Anthracnose sur des plants infectés de céleri, qui paraissent rabougris et présentent des feuilles difformes. Les feuilles plus âgées des plants infectés ont souvent un aspect d’éventail et se courbent vers le bas.

Figure 1. Anthracnose sur des plants infectés de céleri, qui paraissent rabougris et présentent des feuilles difformes. Les feuilles plus âgées des plants infectés ont souvent un aspect d’éventail et se courbent vers le bas.

Les cultivateurs doivent apprendre à reconnaître les symptômes de la maladie. Les symptômes de l’anthracnose du céleri sont parfois confondus avec les symptômes précoces de la jaunisse de l’aster, bien que les deux maladies ont en fait des manifestations différentes. Les plants de céleri peuvent être infectés à tout âge par l’agent pathogène de l’anthracnose.
Les plants infectés ont un aspect rabougri avec de petites feuilles mal formées, mais ils restent verts au lieu de jaunir comme le font les plants infectés par la jaunisse de l’aster. Les feuilles plus âgées des plants infectés présentent souvent un aspect d’éventail et se courbent vers le bas (figure 1). Des lésions brunes peuvent se développer sur le bord des feuilles des plants infectés, et occasionnellement des taches jaunes translucides apparaissent disséminées sur la surface supérieure des feuilles. Les feuilles atteintes finissent par devenir friables et craquent sur la longueur, parfois jusque dans la tige. La tige des plants infectés finit par se tordre et se couvrir de lésions rougeâtres ou brun pâle qui se développent soit à l’extérieur ou à l’intérieur de la tige, ou dans le collet à la base des plants infectés (figure 2). Les spores des champignons sont produites dans les lésions qui se développent le long de la tige et dans la couronne, d’où elles sont aisément disséminées par les éclaboussures de l’eau d’irrigation ou de la pluie. Le champignon a été isolé à partir de nombreux types de plantes autres que le céleri, incluant la fraise, le poivron, la pomme et de nombreux types d’herbes. Il n’a pas encore été établi si les souches de champignon qui infectent ces hôtes alternatifs peuvent aussi infecter le céleri, et vice versa.

Figure 2. Les tiges tordues des plants de céleri développent des lésions rougeâtres ou brun pâle qui contiennent les spores du champignon pathogène de l’anthracnose.

Figure 2. Les tiges tordues des plants de céleri développent des lésions rougeâtres ou brun pâle qui contiennent les spores du champignon pathogène de l’anthracnose.

Il n’existe actuellement aucun fongicide homologué en Ontario pour la lutte contre l’anthracnose du céleri, mais il est probable que certains fongicides homologués pour combattre l’alternariose ou le mildiou du céleri ont une certaine activité contre l’anthracnose. Des recherches additionnelles sont toutefois requises pour déterminer lesquels sont les produits les plus efficaces, ainsi que pour établir quels sont le meilleur moment et le meilleur dosage avant de pouvoir obtenir l’homologation pour le contrôle de l’anthracnose. Puisque l’agent pathogène survit à l’hiver dans les résidus de plants de céleri infectés, mais non décomposés, les producteurs ne devraient pas planter de céleri dans les champs qui ont de tels résidus, et un plan de rotation de 3 à 4 ans avec des plantes insensibles au parasite devrait être adopté. Le labourage en profondeur des résidus infestés de plantes infectées effectué immédiatement après la récolte encourage la décomposition des résidus, et diminue du fait la population de pathogènes dans le champ. Quelques cultivars résistants ont été découverts en Australie, mais ne sont pas adaptés aux conditions de culture qui prévalent en Ontario. Néanmoins, les cultivateurs devraient faire pousser des variétés résistantes adaptées à la région, si disponibles. Lorsque c’est possible et pratique, les plants malades devraient être arrachés, placés dans des sacs de plastique et retirés du champ ou enterrés avant que ne se propage la maladie.

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