Le mélange en cuve et la comptabilité des pesticides – essai de floculation (flacon)

Jason S. T. Deveau, PhD, spécialiste de la technologie d’application des pesticides, MAAO et MAR;
James D. Reiss, Precision Laboratories;
Helmut Speiser, ingénieur agricole, MAAO et MAR

Pensez-vous vous servir d’un nouveau mélange en cuve cette année? Peut-être deux nouveaux fongicides, ou un nouvel adjuvant? Avant de vous risquer à utiliser un nouveau mélange en cuve non testé, assurez-vous de bien savoir ce que vous faites. Les utilisateurs de pesticides de la catégorie à usage commercial pour la protection phytosanitaire ou la gestion de la végétation peuvent appliquer des mélanges en cuve non mentionnés sur l’étiquette des pesticides homologués s’ils respectent les conditions suivantes :

Chacun des produits mélangés en cuve est homologué pour l’utilisation au Can

ada sur la culture visée;

  • Le mélange en cuve ne comprend un adjuvant que si l’étiquette de l’un des ingrédients le requiert;
  • La période d’application de chacun des ingrédients est compatible avec les stades de croissance de la culture et des organismes nuisibles;
  • Chaque ingrédient est utilisé conformément à son étiquette;
  • L’étiquette d’aucun des ingrédients n’exclut spécifiquement l’un des autres ingrédients.

 L’ordre dans lequel on ajoute chacun des produits dans la cuve ou dans l’inducteur est critique. Pour vérifier que vous avez le bon mélange et le bon ordre, vous pouvez vous servir de l’application gratuite de Precision Laboratories (www.mixtankapp.com, en anglais seulement), qui fonctionne avec les systèmes iPad ou iPhone.

À l’écran d’accueil, choisissez Mix Guide (voir Figure 1), choisissez la catégorie de produits que vous souhaitez mélanger en cuve (voir Figure 2), puis choisissez le(s) produits(s) en question dans la liste alphabétique. L’application analyse votre sélection et vous suggère le meilleur ordre d’ajout dans la cuve. À noter que ce sont des produits américains qui peuvent avoir des noms différents au Canada, si toutefois ils sont homologués. L’application a des options intéressantes que vous pourrez mettre à l’essai, par exemple la sauvegarde de vos mélanges pour référence et l’accès à des vidéos de formation.

  Figure 2 - Choisir l'une des cinq catégories et choisir les ingrédients du mélange en réservoir (jusqu'à 19 possibilités)

Figure 2 – Choisir l’une des cinq catégories et choisir les ingrédients du mélange en réservoir (jusqu’à 19 possibilités)

 Figure 1 – Écran d'accueil de l'application de Precision Laboratories pour les mélanges en cuve


Figure 1 – Écran d’accueil de l’application de Precision Laboratories pour les mélanges en cuve

Lisez toujours l’étiquette des produits pour en savoir plus sur la compatibilité des substances à pulvériser. La « compatibilité » est la compatibilité physique ou chimique (ou les deux) de deux produits ou plus dans une même solution. Si vous n’êtes pas sûr, vous devriez effectuer un essai de floculation. Portez toujours une tenue de protection et exécutez l’opération dans un endroit sans danger et bien ventilé, loin de toute flamme.

Fig 3 - tank mixing

  1. Dans une bouteille de verre d’un litre, versez 500 ml de l’eau avec laquelle vous rempliriez la cuve du pulvérisateur.
  2. Ajoutez les ingrédients conformément aux indications du Tableau 1 et remuant après chaque ajout.
  3. Laissez la solution reposer dans un endroit bien ventilé pendant 15 minutes, puis observez les résultats. Si le mélange dégage de la chaleur, les ingrédients ne sont pas compatibles. S’il se forme un gel ou de la mousse, ou si des solides se déposent au fond du récipient (sauf dans le cas des poudres mouillables), les ingrédients du mélange ne sont probablement pas compatibles (voir les exemples d’incompatibilité physique aux Figures 3 et 4).
  4. S’il n’apparaît aucun signe d’incompatibilité physique, à l’aide d’un flacon pulvérisateur, essayez le mélange sur une petite surface là où vous prévoyez de l’employer. Recherchez des signes de phytotoxicité tels que des dommages subis par les plantes, et surveillez l’efficacité du produit (ce qui est difficile à moins d’emplir réellement le pulvérisateur et de faire l’essai sur plusieurs plantes).

Tableau 1 – Ordre du mélange en cuve en vue du test de compatibilité

Ordre

Ingrédient

Quantité pour 500 ml ou g de produit étiqueté pour 1 000 L de mélange final à pulvériser

1.

Agents de compatibilité

5 ml (1 cuillerée à café)

2.

Sachets solubles dans l’eau, poudres mouillableset pâtes granulées

15 g (1 cuillerée à café)

3.

Retardateurs de dérive liquides

5 ml (1 cuillerée à café)

4.

Concentrés liquides, micro-émulsionset concentrés en suspension

5 ml (1 cuillerée à café)

5.

Concentrés émulsifiables

5 ml (1 cuillerée à café)

6.

Concentrés ou solutions solubles dans l’eau

5 ml (1 cuillerée à café)

7.

Autres adjuvants et surfactants

5 ml (1 cuillerée à café)

Figure 3 - Incompatibilité physique dans la cuve

Figure 3 – Incompatibilité physique dans la cuve

Figure 4 - Résidu gélatineux formé dans un inducteur utilisé comme récipient pour mélanger des produits incompatibles

Figure 4 – Résidu gélatineux formé dans un inducteur utilisé comme récipient pour mélanger des produits incompatibles

Figure 5 - Contenu d'une trousse d'essai de la compatibilité vendue dans le commerce

Figure 5 – Contenu d’une trousse d’essai de la compatibilité vendue dans le commerce

On peut se procurer des trousses d’essai de la comptabilité; celle de Precision Laboratories contient trois « flacons » de plastique et cinq micropipettes jetables (voir Figure 5). En suivant les instructions incluses dans la trousse, on peut facilement réduire les grands volumes indiqués sur les étiquettes de plusieurs produits (p. ex 1,0 kg de produit dans 500 L) à de petits volumes respectant les mêmes proportions. On peut se procurer ces trousses pour environ 20 $ (livraison comprise) en appelant le 1 800 323-6280.

Ne pas oublier : la trousse d’essai de compatibilité ne permet de détecter que l’incompatibilité physique entre les produits d’un mélange en cuve; elle ne permet de reconnaître aucune autre forme d’antagonisme (produits qui s’inactivent mutuellement, potentiel de phytotoxicité). La seule façon d’en avoir le cœur net, c’est d’appliquer le mélange en question à quelques plants expérimentaux et de les surveiller au cours de la saison.

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